Mairie de Semens

Marcellin COL, premier PDG sourd

 

Vers 1730, Jean COL, bourgeois de Narbonne, marié à Jeanne COURTES LARRERE probablement originaire de Casteljaloux, s'y établit comme marchand drapier. Son fils Joseph l'assiste dans son commerce et fréquente Louise CANIHAC, dont le frère est un chirurgien bordelais réputé.

 

Mon histoire commence le 14 septembre 1762 « Joseph Col bourgeois et négociant de la paroisse Saint Raphaël épouse Louise Canihac avec la permission de l'évêque (dont le motif n'est pas précisé : a priori l'épouse est mineure !) … témoins, Gabriel MOURAS, serrurier, Jean BACHERE, maître perruquier, Antoine LARRIEU, négociant et Antoine CANIHAC, menuisier. ». Ils savent tous signer.

 

5 enfants vont naître de cette union : Jeanne le 02/09/1764, Nicolas aîné le 29/09/1768, Joseph le 02/02/1770, Nicolas cadet dit « Marcellin » le 27/07/1771, Gabriel jeune le 18/01/1774.

 

Les parents remarquent très vite que le petit Marcellin est sourd-muet, ils sont désolés et se renseignent pour lui trouver une école adaptée. Ils n'ont guère le choix : il y a bien une petite structure à Bordeaux mise en place par Jacob Rodrigues Pereire qui ne prend pas les enfants en bas âge. Par contre à Paris, il y a la fameuse école de l'Abbé de l'Epée. Joseph s'y rend plusieurs fois pour apprendre ce qu'il faut faire avec un jeune enfant sourd. Il y rencontre l'abbé Sicard, stagiaire, qui envisage de créer une école spécialisée à Bordeaux. Joseph saute sur l'occasion de pouvoir placer son fils près de Casteljaloux : l'affaire est conclue très rapidement, Marcellin est le premier élève interne inscrit à l'école de Bordeaux en décembre 1785 à la charge de ses parents. Excellente affaire pour Sicard et Saint Sernin ! C'est un bon élève qui progresse très vite tout en gardant le contact avec sa famille.

 

Il figure dans la liste des élèves en 1789, mais n'est plus mentionné en 1793. Est-il rentré chez lui à Casteljaloux ou a-t-il suivi Massieu à Paris ? Il a appris le métier de « cirier » chez un fabricant de cierges et s'est probablement installé à son compte avec l'aide de sa famille.

 

Le 31 janvier 1798, il se marie avec Jeanne Larrieu, une entendante, amie d'enfance.

Leur premier enfant Joseph naît l'année suivante et décède un mois après. L'année suivante, naît Louise Victorine, entendante. Cinq ans plus tard, le 26 octobre 1805, naît Gabriel, entendant lui aussi.

 

Marcellin se spécialise dans son métier et s'adapte aux nouvelles technologies de la filière bois, car les Landes sont en pleine mutation. Avec l'aide de sa famille, il fait l'acquisition d'une grande propriété en périphérie de Casteljaloux : le domaine de Lirac. Peut être en souvenir de Lirac, village du Gard, dont les vignobles sont réputés en appellation Côtes du Rhône. Il y construit petit à petit des ateliers modernes pour fabrication de stéarine – oléine, glycérine, savons, cires, miels, cierges, bougies, produits résineux, essences rectifiées : les établissements Col & Fils, puis Col Fils. Les usines de Lirac emploieront jusqu'à plus de 400 ouvriers et resteront dans la famille jusqu'en 1922, leur cession a dû être progressive car on trouve des factures avec la mention "ancien établissement Col Fils" en 1913.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Nicolas cadet « Marcellin » (27/07/1771 _ 10/09/1852)

fondateur des Etablissements COL & Fils, premier PDG sourd.    

                                                                                           Gabriel Jean (26/10/1805 _ 28/01/1888)

                                                                                         successeur:  Etablissements COL Fils

 

                                              Jean Gabriel (04/12/1841 _ 1928)

                                            s'installe à Bordeaux où il fonde une fabrique et vend les usines de Lirac.

 

    Gabriel Léon (31/05/1863 _ 1939)

  reste à Bordeaux haut placé dans la franc-maçonnerie bordelaise

 

A leur apogée en 1878, les usines de Lirac avec 8 générateurs développant 200 CV et 4 machines à vapeur, produisaient:

plus d'un million de paquets de bougies, 600 tonnes de savon, 300 t d'huile, 150 t de miel, 100 t de glycérine,

60 t de cierges d'église, 15 t de cire à parquet, 10 t de cire blanchie et 1500 t de produits résineux.

 

médaille d'argent à l'Exposition Universelle de Paris en 1878

médaille d'or de première classe à l'Exposition d'Agen en 1879

 

 

Le frère de Marcellin, Nicolas aîné (29/09/1768 _ 02/12/1842) resté marchand, a eu un fils, Volney COL, né le 26/07/1800, qui fera carrière dans l'Administration : ancien sous-préfet, chef de bureau au Ministère de l'Intérieur, Directeur de l'INJS Paris du 11/10/1858 _ 1866.

 

Si vous avez des renseignements complémentaires sur cette famille, ainsi que sur l'usine de Lirac, je suis preneur!

 

Jean Paul COLLARD